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Limiter la consommation de matières grasses
Le rôle des lipides est identifié dans l’incidence d’un certain nombre de pathologies. On distingue les acides gras saturés (AGS), monoinsaturés (AGMI) et polyinsaturés (AGPI).
Dans le domaine cardiovasculaire, les études épidémiologiques mettant en évidence l’effet délétère des lipides et surtout des acides gras saturés sont nombreuses (étude des sept pays, Western Electric Study, cohortes de patients d’Irlande et de Boston, étude des infirmières aux États-Unis). Tous les résultats montrent de façon concordante une relation entre la quantité d’acides gras saturés et le risque cardiovasculaire. Dans une grande étude portant sur des infirmières américaines, pour un même apport de glucides, une augmentation de 5 % de la consommation de graisses saturées augmente ce risque de 17 %. Ces données d’observation sont cohérentes avec les très nombreuses études d’intervention réalisées chez l’animal et chez l’homme.
À l’inverse, diverses études épidémiologiques d’observation ont montré une corrélation inverse entre consommation d’AGMI (en pourcentage de la ration) et mortalité cardiovasculaire. Lorsque l’apport en AGPI est bas, elles mettent en évidence un accroissement du risque de mortalité coronarienne. L’étude des infirmières a, par exemple, montré que l’augmentation de 5 % de la consommation d’AGMI diminuait ce risque de 19 % et celle d’AGPI le diminuait de 38 %.
Les effets des acides gras sur la cholestérolémie et les lipoprotéines permettent de mieux comprendre leurs conséquences en termes de pathologies cardiovasculaires. Une analyse de 395 études sur 121 populations différentes montre que le remplacement isocalorique de graisses saturées par des glucides (correspondant à 10 % des apports quotidiens) diminue la cholestérolémie totale de 0,52 mmol/l et le cholestérol LDL de 0,36 mmol/l. Le remplacement isocalorique de graisses saturées par des graisses polyinsaturées (correspondant à 5% des apports quotidiens) entraîne une diminution supplémentaire de la cholestérolémie de 0,13 mmol/l et du cholestérol LDL de 0,11 mmol/l. Toutes les études mettent en évidence que l’élément déterminant pour la cholestérolémie est la réduction de la consommation des graisses saturées plus que le cholestérol alimentaire.
En prévention primaire, de nombreuses études d’intervention ayant porté sur la réduction des acides gras saturés et/ou l’augmentation des acides gras insaturés (notamment avec une augmentation de la consommation d’acide gras n-3) ont permis d’obtenir une diminution de la cholestérolémie et une réduction variable de l’incidence des cardiopathies ischémiques.
En prévention secondaire (après un premier accident cardiovasculaire), plusieurs études ont permis d’obtenir, grâce à une diminution de la consommation des acides gras saturés et une augmentation de celle d’acides gras polyinsaturés oméga-3, une réduction de la mortalité globale et des décès par cardiopathie ischémique. Une alimentation méditerranéenne riche en fruits, légumes, poisson et contenant des corps gras à base d’AGMI et d’acide alpha-linolénique, comportant moins de viande et de corps gras laitiers, permettrait d’obtenir une réduction très importante de tous les événements coronariens, des récidives coronariennes et des décès cardiaques, et de la mortalité globale.
Une alimentation riche en acides gras saturés n’est pas le seul facteur athérogène. En effet, l’athérosclérose est une maladie multifactorielle qui est, de plus, favorisée par la sédentarité, le tabac, l’hypertension artérielle, l’obésité, l’insuffisance de consommation de fruits et légumes, etc.
Dans le domaine de l’obésité, une consommation excessive de graisses peut favoriser le déséquilibre entre les apports et les dépenses énergétiques ; 1 g de lipides fournissant 38 kJ (9 kcal), ils constituent une source énergétique importante. Un excès de lipides peut donc augmenter le risque d’obésité.
Dans le domaine des cancers, les données épidémiologiques concernant les relations entre consommation élevée de graisses totales et risque de cancers sont moins évidentes que celles démontrant leur implication dans le risque cardiovasculaire. Dans l’état actuel des connaissances, les arguments les plus convaincants portent sur les graisses et notamment les graisses saturées dont la consommation élevée semble associée au risque de cancer de la prostate. Les lipides interviendraient dans le développement de ce cancer par le biais d’un mécanisme hormonal, en modifiant le taux de la testostérone sérique.
L’excès d’apport de lipides pourrait également augmenter le risque de cancers par le biais de l’obésité qu’elle favorise, l’obésité constituant elle-même un facteur de risque pour de nombreux cancers (endomètre, sein, colo-rectal, etc). L’apport total en graisses ne devrait pas dépasser 35 % de l’apport énergétique total. Parmi ces graisses, la contribution des acides gras saturés devrait être réduite et celle des acides gras polyinsaturés et monoinsaturés favorisée. Cette évolution devrait permettre d’espérer un impact bénéfique sur le risque de maladies cardiovasculaires, d’obésité et éventuellement sur certains cancers.
Oméga 3 : quel impact sur le système cardiovasculaire ?
Face à la recrudescence sur le marché du nombre d’aliments enrichis en acides gras oméga 3 revendiquant des effets bénéfiques pour le consommateur, sur le système cardiovasculaire en particulier, et en l’absence de textes réglementaires spécifiques permettant de cadrer ces nouvelles pratiques, l’Afssa a été saisie afin d’évaluer la pertinence nutritionnelle de celles-ci.
L’objectif de cette réflexion, exclusivement consacrée à la population adulte, a donc consisté, non pas à définir une politique nutritionnelle en matière d’acides gras essentiels, mais à procéder à une évaluation de l’acceptable et de l’inacceptable dans le domaine des allégations relatives au système cardiovasculaire accompagnant la promotion des aliments pourvoyeurs d’acides gras oméga 3.
Pour en savoir plus :
Téléchargez le rapport de l’Afssa « Acides gras de la famille des oméga 3 et système cardiovasculaire : intérêt nutritionnel et allégations »












