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Le rôle décisif de l’activité physique
Pourquoi favoriser l’activité physique quotidienne ?
L’interprétation des données concernant les apports énergétiques ne peut se concevoir que si ceux-ci sont rapportés aux dépenses énergétiques liées à l’activité physique. L’activité physique est un facteur indissociable à prendre en considération pour comprendre comment s’effectue le bilan d’énergie. Par ailleurs, les conclusions de plusieurs conférences de consensus publiées ces dernières années soulignent le rôle de l’activité physique comme facteur déterminant de l’état de santé des individus et des populations.
L’activité physique correspond à "tout mouvement corporel produit par les muscles squelettiques qui entraîne une augmentation substantielle de la dépense d’énergie au-dessus de la dépense énergétique de repos". Ses principales caractéristiques sont l’intensité, la durée, la fréquence et le contexte dans lequel elle est pratiquée. Du fait de cette définition, l’activité physique recouvre un domaine plus large que celui de la seule pratique sportive.
En fonction du contexte dans lequel l’activité physique est réalisée, on peut identifier deux situations principales :
- l’activité physique lors des activités professionnelles et de la vie courante (par exemple, le transport) ;
- l’activité physique lors des activités de loisirs (de type sportif ou non).
En physiologie, il est habituel de distinguer les effets de l’exercice en "aigu" de ceux induits par l’entraînement. L’entraînement physique est défini comme "une activité physique planifiée, structurée, répétée et dont le but est d’améliorer ou de maintenir les capacités physiques d’un individu". La "capacité physique" correspond à "la possibilité que les individus ont, ou acquièrent, de réaliser différentes activités physiques". La condition physique dépend principalement des capacités cardio-respiratoires à l’effort (évaluées par la mesure de la consommation maximale d’oxygène à l’effort, capacité aérobie ou VO2 max). Par analogie avec l’activité physique, l’inactivité physique, ou comportement sédentaire, peut être définie comme "un état dans lequel les mouvements corporels sont réduits au minimum et la dépense énergétique proche de la dépense énergétique de repos". Cependant, l’inactivité physique ne représente pas seulement une absence d’activité, mais correspond à des occupations telles que regarder la télévision, travailler sur ordinateur, ainsi qu’aux activités intellectuelles.
Rôle de l’activité physique dans la prévention de certaines pathologies
Il est aujourd’hui reconnu que l’augmentation de la dépense énergétique permet de réduire le risque de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2, d’obésité, de cancers et d’ostéoporose.
Relations avec le cancer
À côté de son implication dans le risque ou la protection vis-à-vis de l’obésité (impliquée comme facteur de risque de certains cancers), l’activité physique, en elle-même, est aujourd’hui reconnue comme ayant un effet protecteur vis-à-vis de certains cancers. Plus d’une vingtaine d’études épidémiologiques ont mis en évidence qu’une activité physique régulière protège contre les cancers du côlon. Le risque relatif de cancer du côlon est diminué de 60 % chez les personnes pratiquant une activité physique importante tout au long de leur vie par rapport aux personnes ayant un mode de vie plus sédentaire. Différents travaux ont également mis en évidence un moindre risque de cancer du sein (notamment après la ménopause) chez les femmes ayant une activité physique régulière.
La fréquence, l’intensité et la durée de l’activité physique peuvent avoir des influences sur les apports caloriques et donc le poids, mais également sur de nombreuses activités métaboliques. Ces effets passent par une modification du taux circulant de certains nutriments (sucre, lipides) et d’hormones permettant leur utilisation (insuline, facteurs de croissance). L’activité physique contribue à réguler favorablement la prolifération cellulaire des tissus qu’ils soient sains ou néoplasiques. L’inactivité physique favorise l’hyperinsulinémie, l’augmentation de la résistance à l’insuline, la sécrétion accrue de facteurs de croissance qui interviennent dans le développement de processus néoplasiques.
L’activité physique pourrait diminuer spécifiquement le risque de cancer colorectal via l’accélération du transit intestinal et la diminution du temps d’exposition à des produits carcinogènes. Un autre mécanisme concernerait la diminution de la synthèse de la prostaglandine E2 ; cette enzyme serait impliquée dans la prolifération des cellules coliques néoplasiques et le ralentissement du temps de transit intestinal.
L’activité physique aurait un rôle protecteur possible vis-à-vis du cancer du sein par le biais de mécanismes métaboliques et hormonaux.
Relations avec les maladies cardiovasculaires
De façon générale, et indépendamment de la corpulence et de l’âge, il apparaît clairement que la pratique régulière d’une activité physique améliore les capacités cardiorespiratoires et est associée à une réduction de la mortalité et de la morbidité cardiovasculaires, notamment par maladies coronariennes.
La sédentarité, indépendamment de son incidence sur le poids, le risque de diabète, le cholestérol HDL, etc., est un comportement qui pourrait représenter un facteur de risque indépendant ainsi que le suggèrent plusieurs études.
Par ailleurs, la sédentarité favorise un bilan énergétique excédentaire avec des dépenses inférieures aux apports et contribue à la surcharge pondérale qui est, elle-même, associée à une augmentation du risque vasculaire.
Pour en en savoir plus :
Téléchargez la synthèse du PNNS, « Activité physique et santé, arguments scientifiques, pistes pratiques »
Téléchargez le rapport de l’Inserm, « Activité physique, contextes et effets sur la santé »
Téléchargez ou commandez le
"Guide alimentaire pour tous"












