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De l’eau à volonté, moins d’alcool et de boissons sucrées
En matière de boisson, le PNNS recommande de consommer de l’eau à volonté, à tous moments de la journée. L’eau est en effet la seule boisson indispensable et les effets néfastes de la consommation en excès des autres boissons que sont les boissons sucrées ou l’alcool sont aujourd’hui clairement établis.
En ce qui concerne l’alcool, de nombreuses études épidémiologiques cas-témoins et de cohorte ont montré que l’alcool est un puissant facteur de risque indépendant des cancers de la bouche, du pharynx, de l’œsophage et du larynx.
L’association de la consommation d’alcool avec les cancers de la partie supraglottique est importante. A partir des études cas-témoins et/ou de cohorte, des relations dose-effet ont été mises en évidence et permettent de mesurer l’impact de la consommation d’alcool sur le risque de ces cancers.
Le risque relatif de développer un cancer de œsophage est 20 fois plus élevé chez les personnes qui consomment plus de 160 g d’alcool (soit environ 1,5 l de vin) par jour que chez les personnes qui en consomment 10 g ou moins (soit l’équivalent d’un verre de vin par jour). Ceux qui consomment au moins 120 g d’alcool par jour ont un risque de cancer du larynx multiplié par 5 par rapport aux abstinents.
L’alcool est un facteur de risque des cancers du côlon et du rectum.
Le risque de développer un cancer colorectal chez les sujets buvant plus de 70 g d’alcool par jour (soit plus de 6 verres de vin par jour ou 1,5 l de bière) est multiplié par un facteur de 1,5 à 3 par rapport aux non-buveurs.
Deux méta-analyses (portant respectivement sur 38 études cas-témoins et de cohorte et sur 6 études cas-témoins) permettent d’estimer un risque de cancer du sein multiplié par 1,45 chez les consommatrices de plus de 3 verres de vin par jour (soit l’équivalent de 30 g d’alcool par jour ou plus), par rapport à celles qui n’en consomment pas.
Une relation significative dose-effet a été mise en évidence. Le niveau de risque augmente de 10 % par dose de 10 g/jour d’éthanol consommé.
Le statut hormonal de la femme (pré- ou post-ménopause) pourrait influencer les conséquences de la consommation d’alcool sur le risque de cancer : les femmes post-ménopausées auraient ainsi un risque plus élevé que les femmes pré-ménopausées.
Sur le plan expérimental, les études in vitro et in vivo suggèrent que l’effet de l’alcool sur les cancers du tractus aérodigestif supérieur passe surtout par un effet cocarcinogène. Son effet promoteur de la carcinogenèse s’expliquerait par plusieurs mécanismes : modification de la perméabilité des membranes cellulaires suite à l’irritation de la muqueuse par contact direct, ce qui favorise le passage de cancérogènes ; induction d’enzymes microsomales impliquées dans le métabolisme de carcinogènes ; contamination des boissons alcoolisées par des impuretés carcinogènes (nitrosamines) ; modification du statut nutritionnel associé à des consommations élevées d’alcool.
L’acétaldéhyde, un métabolite de l’alcool, pourrait exercer des effets toxiques directs ou indirects sur la muqueuse colique, en augmentant le risque de cancer colorectal.
L’alcool pourrait interagir avec le métabolisme hépatique des hormones sexuelles en diminuant la clairance métabolique des œstrogènes ou en augmentant leur production. D’autres mécanismes mettent en cause l’effet carcinogène de l’acétaldéhyde ou bien le statut déficitaire en acide folique.
Alcool et maladies cardiovasculaires
Certaines études montrent un effet protecteur de très faibles doses d’alcool vis-à-vis des maladies cardiovasculaires. Ceci ne peut pas être, dans l’état actuel des connaissances, un argument pour proposer de consommer de l’alcool à des sujets qui n’en consomment pas, d’autant plus que les travaux scientifiques montrent que, au-delà d’une consommation de 20 g d’alcool par jour chez les femmes et de 30 g par jour chez les hommes, le risque de mortalité globale et de mortalité cérébrovasculaire augmente.
Ces effets sont accentués chez les sujets à risque (obésité, hypertension, diabète, dyslipidémie avec hypertriglycéridémie). Une consommation excessive d’alcool (plus de 30 g par jour) favoriserait l’hypertension, elle-même sous la dépendance d’autres facteurs (génétiques, environnementaux, médicaux, etc.).
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