Alimentation et santé : attention aux promesses exagérées !

« Renforce le système immunitaire », « fortifie les os »… Qui ne s’est jamais laissé séduire par les allégations de santé, ces petits messages vantant les bienfaits d’un aliment pour la santé ? Pour autant, 80 % d’entre elles ont été déclarées non fondées en juillet 2011 par l'Autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA). Alors peut-on faire confiance aux mentions inscrites sur les emballages des produits ? On fait le point.

Un nouveau garde-fou pour les consommateurs européens

On peut se rassurer : suite au diagnostic accablant de l’EFSA, la Commission Européenne a décidé de réglementer les allégations de santé associées aux aliments. Le résultat ? L’adoption en mai 2012 d’une liste de 222 messages autorisés dans les 27 pays de l’Union Européenne, avec l’obligation pour les producteurs d’adapter leurs étiquetages et publicités avant décembre 2012. De quoi se sentir un peu plus protégé dans la multitude de mentions nutritionnelles et de santé utilisées par l’industrie agroalimentaire pour nous inciter à consommer…

Qu’est ce qu’une allégation ?

Les allégations nutritionnelles ou de santé affirment ou suggèrent qu’un aliment possède des propriétés nutritionnelles bénéfiques spécifiques.

Il existe 3 types d’allégations :

  • Nutritionnelles
    Les allégations nutritionnelles sont toutes les allégations qui affirment, suggèrent ou impliquent qu’un aliment possède des propriétés nutritionnelles bénéfiques particulières. Exemples : « Riche en fibres », « Faible teneur en graisse », « Source d’acides gras oméga-3 ». Ces allégations sont soumises à des règles très strictes liées à la composition nutritionnelle du produit.
  • De santé
    Les allégations de santé sont celles qui affirment, suggèrent ou impliquent qu’il y a une relation entre un aliment et la santé. Exemple : « Le calcium est bon pour les os » qui est une allégation qui reste autorisée contrairement à « Favorise le transit intestinal » ou « Renforce les défenses naturelles de l’organisme ».

     Ce sont toutes les allégations de santé qui affirment, suggèrent ou impliquent que la consommation d’un aliment réduit sensiblement un facteur de risque de développement d’une maladie. Exemple : « Le calcium contribue à réduire le risque d’ostéoporose. » Ces allégations font l’objet d’une demande d’autorisation auprès des autorités compétentes européennes.

  • Relatives à la réduction d’un risque de maladie
    Ce sont toutes les allégations de santé qui affirment, suggèrent ou impliquent que la consommation d’un aliment réduit sensiblement un facteur de risque de développement d’une maladie. Exemple : « Le calcium contribue à réduire le risque d’ostéoporose. » Ces allégations font l’objet d’une demande d’autorisation auprès des autorités compétentes européennes.

Une remise en cause des promesses, pas des aliments

Comment s’y retrouver face à ces allégations multiples ? Rester vigilant et faire preuve de bon sens ! Le rejet d'une allégation ne signifie pas que l’aliment n'est pas bon, seulement que les promesses associées à ce produit sont trompeuses.

Quelques exemples :

  • Le chocolat noir est « source de magnésium » : VRAI ET FAUX.
    Si le chocolat noir est certes source de magnésium, il faudrait en manger une tablette entière (à 70 % de cacao) pour couvrir nos besoins journaliers... ce qui reviendrait aussi à manger trop de sucre et de gras. Et dans le classement des 15 aliments les plus denses en magnésium, vous serez surpris de constater que, pour 100gr, le chocolat à 70 % de cacao arrive à la 13ème place. Pour renforcer vos apports en magnésium, comptez plutôt sur… les sardines à l’huile, le beaufort ou les fruits secs… sans oublier de vous faire plaisir : 2 carrés de chocolat par jour, c’est permis et même recommandé pour le moral !

  • Une pomme est source de vitamine C : VRAI ET FAUX.
    Elle en contient mais en différentes quantités selon les variétés et à condition de manger la peau qui en comporte plus que la pulpe. Pour dire « Source de vitamine C », il faut au moins 15 % des apports journaliers recommandés soit 12 mg sur les 80 mg recommandés. Or certaines variétés comme les ’Ribston Pipping’, les ’Reinette d’Orléans’, ou les ’Ontario’ sont fortement pourvues en vitamine C (25 mg pour 100 g), alors que les Golden ou Granny Smith en renferment généralement moins de 2 à 6 mg en moyenne pour 100 g.
  • Les lentilles sont riches en fibres : VRAI ET FAUX.
    100 gr de lentilles contiennent en moyenne 4,2 g de fibres. Or une allégation selon laquelle une denrée alimentaire est riche en fibres ne peut être faite que si le produit contient au moins 6 g de fibres par 100 g ou au moins 3 g de fibres par 100 kcal. Les lentilles contiennent donc bien des fibres mais la mention « riches en fibres » ne sera pas autorisée si le produit ne contient pas cette quantité.

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