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Un constat alarmant
Malgré un contexte de profusion alimentaire, l’accès pour tous à une alimentation satisfaisante, permettant d’atteindre un état nutritionnel favorable à la santé, est encore loin d’être assuré en France. Les inégalités sociales et la précarité génèrent en effet d’importantes disparités en matière de comportements alimentaires et de risque nutritionnels.
Depuis son lancement en 2001, le Programme national nutrition santé (PNNS) accorde une place importante à la promotion d’une nutrition favorable à la santé auprès des populations les plus démunies, notamment auprès des bénéficiaires de l’aide alimentaire.
Le PNNS 2011-2015 prévoit une mesure spécifique vers ces populations et s’appuie notamment sur les actions du Programme National pour l’Alimentation (PNA) à travers un axe commun aux deux programmes, intitulé : « Faciliter l’accès à tous à une alimentation de qualité ».
Dans toutes les études de consommation alimentaire menées en population générale dans des pays industrialisés, on observe une relation positive entre statut socio-économique (SSE) et qualité de l’alimentation, mesurée de façon globale.
D’après l’étude ObEpi 2009, la prévalence de l’obésité est environ trois fois plus élevée chez les personnes dont le revenu est inférieur à 900 € par mois, que celles disposant d’un revenu supérieur à 5 300 € par mois. Elles justifient une prise en compte spécifique des populations défavorisées.
En 2003, le gouvernement a commandé une étude sur l’Alimentation et l’Etat Nutritionnel des Bénéficiaires de l’Aide alimentaire (ABENA). Les résultats de cette étude indiquent que l’état sanitaire des bénéficiaires de l’aide alimentaire comparé à celui de la population générale est significativement dégradé, associant des apports alimentaires globalement insuffisants, des carences multiples simultanées à des taux élevés de pathologies telles que l’hypertension artérielle ou l’obésité.
Ainsi l’étude Abena met en évidence que près de 95 % des enquêtés consomment des fruits et légumes moins de 3,5 fois par jour (contre 18 % à 65 % en population générale, selon d’autres études). Concernant les viandes, les poissons et les œufs, une personne sur deux seulement en consomme 1 à 2 fois par jour, et 43 % en consomment moins souvent (la fréquence de consommation « 1 à 2 fois par jour » en population générale varie entre 50 % et 80 %). Seulement 10 % des enquêtés consomment des produits laitiers 3 fois par jour ou plus (contre 20 % à 40 % dans la population générale).
En savoir plus :
Téléchargez l’article de l’INvs sur les principales conclusions de l’étude Abena








