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La ville, au cœur de la santé des habitants
La santé ne fait pas partie des compétences légales des communes. Cette non-spécification ouvre légalement vers une très grande diversité des modes de prise en compte de la santé dans les politiques municipales.
Pourtant, l’espace de la ville est celui qui permet le mieux d’appréhender la globalité des questions de santé et de mettre en évidence le fait que la santé ne se réduit pas à la maladie et aux soins mais prend également en compte les déterminants socio-environnementaux, autrement dit les paramètres qui conditionnent le bien-être et la qualité de vie : la biologie humaine, l’organisation des soins, les comportements individuels et l’environnement social et physique de la personne. Les deux dernières catégories ont un impact majeur sur les inégalités sociales de santé.
Rappelons que la première recommandation de la Commission de l’OMS sur les déterminants sociaux de la santé dans son rapport de 2008, « Combler le fossé en une génération », est d’améliorer les conditions de vie au quotidien.
Les enseignements tirés des expériences municipales confortent l’idée que la clé de voûte de l’efficacité d’une politique territorialisée de santé passe par l’amélioration des conditions de vie au quotidien et se traduit par les facteurs concrets suivants :
- les conditions de logement (et implicitement son poids dans le budget des ménages) ;
- une politique de transports adaptée ;
- les possibilités d’épanouissement, de la petite enfance jusqu’au bien vieillir en passant par l’emploi et les conditions de travail.
La ville apparaît comme créatrice d’environnements favorables à la santé qui renforcent d’autant la capacité de l’habitant à construire son avenir.
La période actuelle est marquée du sceau de la transition. Parmi les transformations du paysage institutionnel, l’installation des agences régionales de santé (ARS) et les modifications du financement des collectivités territoriales représentent des révolutions majeures pour tous les acteurs intervenant dans le champ de la promotion de la santé.
Historiquement, c’est la ville – et plus récemment l’Établissement public de coopération intercommunale (Epci) – qui permet de prendre en compte les caractéristiques des habitants, d’associer les citoyens, d’optimiser l’implication des élus et de bénéficier des savoir-faire des libéraux et des professionnels territoriaux de santé.
Les réseaux tels que le réseau français Villes-Santé de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) permettent de mettre en exergue l’expérience capitalisée à l’échelon d’intervention le plus pertinent car de grande proximité avec les habitants dans une approche de santé globale.
(source : Santé de l’Homme, n° 409, p. 11)







